L’expérience par procuration : l’hypotypose et la narration historique de l’Antiquité à la Renaissance

Auteurs

  • Adriana Zangara Triangle, UMR 5206

DOI :

https://doi.org/10.18778/1505-9065.11.03

Mots-clés :

experience, narration historique, Antiquité, Renaissance, hypotypose

Résumé

Aussi longtemps que l’histoire a été considérée comme magistra uitae il a fallu que ses lecteurs puissent avoir l’impression, en la lisant, d’assister et de participer aux événements racontés afin de vivre, par procuration, l’expérience d’autrui. C’est par rapport à cette fonction pédagogique du récit historique en tant que récit d’expérience que nous voudrions interroger les procédés qui caractérisent l’hypotypose (la parataxe, la précision et l’accumulation des détails, l’effacement du locuteur) ainsi que les pouvoirs (de « monstration », d’émotion et de persuasion) qui lui sont attribués. Il s’agira de revenir, en amont de la définition rhétorique de la « figure de style », vers ce qui est sans doute une matrice originaire de l’art de « faire voir » pour retrouver le lien fondateur et problématique qui relie l’hypotypose à l’expérience et à la double exigence d’en rendre compte et de la transmettre à autrui. Nous escomptons ainsi éclaircir quelques aspects du rapport entre histoire et rhétorique depuis l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, et analyser la contradiction qui caractérise le nom même d’hypotypose – « description à grand traits » et « description évidente » – ainsi que sa relation étrange avec son quasi paronyme : la diatypose.

Références

Berardi, Francesco, La Dottrina dell’evidenza nella tradizione retorica greca e latina, Perugia, Editrice “Pliniana”, 2012

Calame, Claude, « Quand dire, c’est faire voir. L’évidence dans la rhétorique antique », Études de Lettres, 4, 1991, p. 3-22

Cassin, Barbara, « Procédures sophistiques pour construire l’évidence », in : Carlos Lévy et Laurent Pernot (dir.), Dire l’évidence, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 15-29

Charbonnel, Nanine, Critique des métaphysiques du propre : La ressemblance et le Verbe, Georg Olms Verlag, 2014

Cousin, Jean, Études sur Quintilien, t. I, Paris, 1967

Couzinet, Marie-Dominique, Histoire et méthode à la Renaissance. Une lecture de la Methodus de Jean Bodin, Paris, Vrin, 1996 Genette, Gérard, Figures III, Paris, Seuil, 1972

Jérôme, Laurent, « La notion d’‘esquisse’ selon Sextus Empiricus », Revue philosophique de la France et de l’étranger, 183.4, 1993, p. 649-659

Koselleck, Reinhardt, Le Futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2016 ; 2e éd.

Le Bozec, Yves, « L’hypotypose : un essai de définition formelle », L’Information Grammaticale, no 92, 2002, p. 3-7

Plett, Heinrich F., Enargeia in Classical Antiquity and the Early Modern Age. The Aesthetics of Evidence, Leiden and Boston, Brill, 2012

Rées, Agnès, La Poétique de la vive représentation et ses origines italiennes à la Renaissance (1547-1560), sous la dir. de M. le Professeur Jean Balsamo, Université de Reims-Champagne-Ardennes, 2011

Roux, Georges, « Le sens de ΤΥΠΟΣ », Revue des Études Anciennes, 1961, vol. 63, no 1, p. 5-14 Webb, Ruth, « Mémoire et imagination : les limites de l’enargeia dans la théorie rhétorique grecque », in : Carlos Lévy et Laurent Pernot (dir.), Dire l’évidence, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 229-248

Zangara, Adriana, Voir l’histoire. Théories anciennes du récit historique, Paris, Vrin, 2007

Téléchargements

Publiée

2018-04-24

Comment citer

Zangara, Adriana. 2018. « L’expérience Par Procuration : L’hypotypose Et La Narration Historique De l’Antiquité à La Renaissance ». Acta Universitatis Lodziensis. Folia Litteraria Romanica, nᵒ 11 (avril): 25-40. https://doi.org/10.18778/1505-9065.11.03.